Comment l’open innovation révolutionne la formation professionnelle

Comment l’open innovation révolutionne la formation professionnelle

Unis dans la complexité. Ce pourrait être la devise des professionnels de la formation continue en France. Des réformes sont menées pour rendre le système plus digeste, mais le constat reste le même : coût élevé, manque d’efficacité, méthodes vieillissantes. Alors, quelles solutions ?

Le secteur de la formation professionnelle doit amorcer sa transformation numérique. Il est impératif d’y injecter une bonne dose de digital, tant au niveau du contenu que des outils utilisés. Et c’est ce qu’ont commencé à faire certains acteurs de l’open innovation, qui n’hésitent pas à bouleverser l’industrie à grands coups de hackathons. La révolution est en marche.

L’état de la formation professionnelle continue en 2017 (ou presque)

Combien coûte la formation professionnelle ?

32 milliards d’euros. C’était le coût de la formation professionnelle continue en France en 2012. Vous avez bien lu, en 2012. Comme le souligne Le Figaro, pour obtenir les derniers chiffres officiels de la formation professionnelle, il faut remonter le temps et consulter un rapport de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) datant de février 2015. Autre surprise donc, ce rapport concerne l’année 2012. À croire que les décisions prises en matière de formation sont davantage fondées sur la fameuse technique du doigt mouillé que sur des données. Sans parler de transparence. Mais on s’égare.

Qui finance la formation professionnelle ?

Sans grande surprise cette fois, ce sont les entreprises qui financent la plus grande partie de la formation pro. À hauteur de 43% plus précisément, soit environ 13,7 milliards d’euros. Le reste est financé par les régions (14%) et l’État (13%) notamment.

 

Le financement de la formation professionnelle

 

Qui bénéficie de ces formations ?

Ce financement bénéficie pour 61% aux actifs occupés : 42% aux salariés du privé et 19% aux fonctionnaires. Les jeunes et les demandeurs d’emplois, eux ne reçoivent respectivement que 25% et 14%. Ce qui amène une autre question : la formation ne bénéficie-t-elle pas aux personnes qui en ont le moins besoin ? Ne serait-il pas judicieux de repenser la façon dont sont alloués les 32 milliards d’euros dépensés chaque année ? Mais encore une fois, on s’égare.

La formation professionnelle évolue-t-elle ?

Oui, et dans le bon sens, mais lentement. La dernière réforme majeure date de 2014 et a notamment donné naissance au fameux Compte personnel de formation (CPF). L’objectif annoncé de la réforme était de simplifier “les démarches et les obligations légales liées à la formation professionnelle” et d’orienter les ressources vers ceux qui en ont le plus besoin. Et elle a simplifié un système d’une complexité ubuesque, c’est vrai. Mais on ne peut pas dire que tout est devenu limpide. On préférera parler de clair-obscur. La formation professionnelle reste en effet un imbroglio administratif qui n’a pas fini de déconcerter les responsables RH les plus zélés.

On le voit bien donc, la formation continue est un processus cher, obscur et qui manque d’efficacité.

L’efficacité limitée de la formation professionnelle actuelle

Une formation théorique

Le manque d'efficacité de la formation professionnelle actuelle

Les formations proposées aujourd’hui aux salariés sont presque exclusivement théoriques. C’est l’une de leurs principales limites. Toute personne ayant un jour suivi une formation vous le dira d’ailleurs : cela tient davantage du cours magistral que du business game.

Voici, à peu près, à quoi ressemble une journée de formation type. 08h55 un lundi matin. Vous entrez dans une salle à la décoration sommaire, des tables disposées en U et des inconnus regroupés autour d’une machine à café. Vous engloutissez rapidement un ou deux mini pains au chocolat (c’est gratuit après tout, pourquoi se priver) et en profitez pour saluer vos compagnons d’un jour. Le formateur arrive. Il s’agit généralement d’un ancien professionnel, expert dans son domaine. Chacun prend place, se présente et la journée peut commencer.

S’ensuivent plusieurs heures d’analyse et de conseils sur la meilleure façon de construire un plan de communication, d’être un meilleur manager ou de devenir plus convaincant lors de vos prises de paroles en public. Les explications théoriques sont ponctuées d’exercices pratiques, mais ceux-ci n’ont pas forcément de rapport direct avec vos besoins quotidiens. La journée se termine, vous rentrez chez vous et au moment de tourner la clé dans la serrure, la révélation vous frappe : vous avez déjà oublié les noms de votre voisine de droite et de cette technique de persuasion redoutablement efficace qu’on vous a enseignée le matin même.

Vous avez appris des choses et rencontré des gens. La journée fut agréable et enrichissante. Mais l’absence de mise en pratique de vos nouveaux acquis limite fortement l’utilité de cette coûteuse formation.

En effet, une fois franchi le seuil de l’organisme de formation, le suivi est très limité. Et si vous n’avez pas l’opportunité de mettre rapidement en pratique vos nouvelles connaissances, elles tomberont rapidement aux oubliettes.

Un enseignement éphémère

La formation doit être pragmatique, empirique. Elle doit répondre à un besoin et permettre à vos collaborateurs d’acquérir de nouvelles compétences en relation avec leur poste actuel ou celui qu’ils voudraient occuper. Le but est de donner un coup de pouce à leur carrière, de leur permettre de s’épanouir au sein de votre entreprise et d’améliorer leur engagement et leur performance.

Pour cela, il faut donc mettre en pratique les connaissances acquises. Et sans tarder. Sans quoi, le savoir se perd, et plus rapidement que vous ne le pensez. Il n’y a qu’à observer la fameuse courbe d’oubli d’Hermann Ebbinghaus, qui montre bien « le déclin de rétention de la mémoire dans le temps ».

On voit bien que plus le temps passe, plus on oublie. Jusque là, rien de nouveau. Ce qui est frappant, c’est la vitesse à laquelle on oublie. Comme le montre le graphique, une heure après avoir reçu une information, l’être humain, en moyenne, en a déjà oublié 56%. Laissez passer 6 jours et près de ¾ de ce qu’il a appris se sera évanoui dans les insondables profondeurs de son esprit. Gardez bien ces chiffres en tête et souvenez-vous de la journée type de formation. Une masse monstrueuse d’informations transmises en un laps de temps extrêmement court sans réel suivi ni mise en pratique par la suite. Vous foncez dans le mur à tombeau ouvert.

D’où le ROI faible des formations classiques et l’importance de les digitaliser.

Formation professionnelle classique versus formation digitale

 

Formation classique versus formation digitale

 

Le format traditionnel des formations professionnelles (en salle et en groupe, avec un formateur) ne favorise pas l’engagement des participants. Ces derniers peuvent certes poser des questions et intervenir, mais ils restent passifs la plupart du temps.

Outre ce manque de proactivité, ce type de formation est peu flexible. C’est aux participants de s’adapter au rythme du formateur et le contenu n’est pas personnalisé (secteur d’activité, entreprise, problématiques, etc.).

Or, cette flexibilité, on la trouve plus facilement avec des formats digitaux. Mais la France a encore du chemin à faire à ce niveau-là.

En effet, selon le baromètre 2016 de la Cegos, malgré une forte progression, la France est en retard sur à peu près toutes les méthodes de formation digitales par rapport à la moyenne européenne en 2016 :

– Si 93% des salariés ont suivi une formation en salle et en groupe, avec un formateur,

– seuls 37% ont été formés via des modules de e-learning, contre 52% en moyenne en Europe

– et 33% dans des classes virtuelles, contre 43% en moyenne en Europe.

– En ce qui concerne les MOOC, SPOC et autres COOC, seuls 25% en ont bénéficié contre 34% en moyenne en Europe.

Les formations traditionnelles ont la peau dure donc. Mais peu à peu, de nouvelles technologies et méthodologies arrivent sur un marché qui, doucement mais sûrement, amorce sa transformation digitale.

Parmi ces nouvelles méthodes, l’innovation collaborative et les hackathons commencent à faire parler d’eux.

Open innovation et hackathon : la révolution de la formation continue

Le hackathon et l’open innovation permettent non seulement d’allier théorie et pratique, mais c’est également un excellent moyen d’acculturer les salariés au digital. Concrètement, voici comment cela se passe.

L’entreprise met à la disposition de ses collaborateurs des modules de formation en ligne via une plateforme dédiée. Tous les formats sont disponibles : PowerPoint, PDF, vidéo, etc. Il est même possible d’organiser des webinars en direct. Le contenu peut ainsi être personnalisé et adapté à l’entreprise, voire au service dans lequel travaille le salarié ou aux problématiques qu’il rencontre.

Le collaborateur se connecte à la plateforme et suit, à son rythme, les différents modules disponibles. À tout moment, il a la possibilité de contacter un formateur via un chat s’il a des questions ou besoin d’éclaircissements.

Le hackathon comme outil de formation

 

Hackathon comme outil de formation professionnelle

 

C’est à ce moment-là que l’open innovation, à travers le hackathon, entre en scène. En effet, une fois la formation terminée, les salariés, seuls ou en équipe, répondent à une problématique clé de leur entreprise en utilisant leurs nouveaux acquis. En plus des exercices qu’ils auront pu faire au cours de la formation théorique, ils mettent en pratique leurs connaissances pour mener un projet concret et utile à l’entreprise.

Un levier de croissance pour l’entreprise

La formation se traduit donc par une mise en pratique directe des acquis au sein de l’entreprise. C’est une façon pour cette dernière de développer son activité en donnant un coup d’accélérateur concret à la carrière de ses collaborateurs.

L’entreprise s’ouvre à des idées nouvelles. Elle permet à ses collaborateurs de proposer des améliorations (nouveaux process ou nouvelles offres par exemple) qui n’auraient peut-être pas vu le jour autrement. C’est un pari gagnant : même si les idées ne sont pas concrétisées, le salarié se sent écouté, un facteur clé de l’engagement.

Renforcer l’engagement des collaborateurs et la cohésion des équipes

Un collaborateur engagé, c’est un collaborateur qui se sent écouté, important et proactif. L’open innovation comme outil de formation vous permet d’atteindre cet objectif. C’est en effet l’occasion de laisser vos salariés former des équipes transverses et pluridisciplinaires. Cette collaboration est non seulement vecteur d’innovation, mais également de cohésion au sein de votre organisation.

Le hackathon permet non seulement d'améliorer la qualité de la formation mais aussi l'engagement des salariésClick to Tweet

C’est également l’occasion d’accélérer votre transformation numérique en faisant émerger des usages davantage en adéquation avec votre temps.

Transformation digitale

L’utilisation d’outils digitaux, comme une plateforme en ligne, permet d’acculturer vos collaborateurs au numérique. C’est une familiarisation en douceur en quelque sorte. D’autant plus si les formations proposées ont pour objet les nouveaux usages et technologies issus de la révolution digitale de ces dernières années.

Et cela permet à vos collaborateurs d’être en meilleure adéquation avec les consommateurs d’aujourd’hui. Or, quel que soit le secteur d’activité dans lequel vous évoluez, B2C ou B2B, c’est absolument nécessaire si vous ne voulez pas vous laisser dépasser par vos concurrents.

Formation professionnelle : un monde en pleine transformation

Le secteur de la formation professionnelle continue est en train de changer de visage. Quoi qu’il arrive, le virage qui s’amorce sera radical. À vous de choisir s’il sera brusque ou doux et où il mènera.

Il ne s’agit pas de choisir entre transformation et statu quo donc, mais de décider de la manière et du timing de cette transformation. Que ce soit les organismes de formation ou les entreprises, les premiers qui se saisiront de ces nouvelles méthodes de formation tireront leur épingle du jeu. Car tout change et à une allure folle. Déjà les écoles et universités commencent à utiliser l’open innovation et les hackathons pour former leurs étudiants et créer du contenu pour les entreprises.





Livre blanc ebook comment organiser son hackathon


Responsable marketing digital chez Agorize, Marko intervient sur la stratégie d’inbound et outbound marketing, le content management, ainsi que le SEM et SEA. Grand fan de littérature policière et horreur, c’est un fervent disciple de Cthulhu.

0 Avis

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

176 Partages
Partagez116
Tweetez50
Partagez10
+1
Email