FinTech : l’eldorado asiatique

FinTech : l’eldorado asiatique

Le secteur de la FinTech (contraction de finance et technology), encore jeune, ne cesse de prendre de l’ampleur. Des myriades de startups titillent et bousculent les institutions financières les plus solidement établies. Et l’épicentre de cette nouvelle révolution se situe en Asie. Nous vous proposons un petit rappel de tout ce qu’il faut savoir sur la FinTech et on vous explique pourquoi l’Asie est en passe de rafler la mise dans ce secteur en plein boom.

FinTech, ce mot est sur toutes les lèvres. Et si vous êtes encore persuadé que derrière ce terme barbare se cache le dernier né des tabourets IKEA, vous êtes au bon endroit. Mais vous allez être surpris. La FinTech désigne tout un écosystème de startups dont l’ambition est de révolutionner le monde de la banque et de la finance.

Qu’est-ce que la FinTech ? 

L’objectif affiché des startups de la FinTech est double : utiliser la technologie pour démocratiser l’accès aux services financiers et rendre lesdits services plus efficaces. Il s’agit de proposer un juste milieu entre Goldman Sachs et le bas de laine si vous préférez.

Trois facteurs ont permis l’apparition de la FinTech:

  • L’émergence de nouvelles technologies : big data, blockchain, smartphones, etc.
  • Le changement dans le comportement des consommateurs : adoption du smartphone (la génération des digital natives est plus à l’aise avec un portable dans les mains qu’avec un ticket d’attente devant un guichet de banque)
  • La crise des subprimes de 2008 et la défiance croissante des consommateurs envers les institutions bancaires et financières traditionnelles.

À présent, voici un rapide panorama des nouveaux services financiers créés par les startups de la FinTech.

 Solutions de paiement digitales 

Portefeuilles et points de vente mobiles, paiement peer-to-peer (P2P). Ces nouveaux services facilitent considérablement la façon dont nous effectuons nos achats au quotidien.

Il est possible aujourd’hui de faire vos emplettes sans carte ni cash, mais simplement avec votre smartphone. C’est l’objectif des portefeuilles mobiles. Ces applications vous proposent d’enregistrer vos différentes cartes bancaires sur votre téléphone portable et de payer les commerçants directement avec votre mobile. Le commerçant doit toutefois être équipé d’un point de vente mobile : une tablette dotée d’un logiciel qui remplit les fonctions d’une caisse enregistreuse classique. Finies donc les longues soirées passées à compter la recette du jour.

Par ailleurs, les applications de paiement P2P vous permettent de rembourser vos amis en faisant des virements directement depuis votre portable.

Le logo de l'application wechat

L’appli Wechat symbolise l’avance de l’Asie en matière de FinTech. En effet, on peut payer son loyer et ses courses via l’appli

Cyber-monnaie et blockchain 

La cyber-monnaie est un autre chantier de taille pour les startups de la FinTech. Grâce à la blockchain, une base de donnée distribuée et sécurisée, nous avons assisté à l’avènement du Bitcoin, une devise digitale. La blockchain et les cyber-monnaies permettent d’effectuer des échanges sécurisés entre particuliers sans passer par un tiers de confiance, comme une banque par exemple. Ils vont révolutionner les flux financiers à tous les niveaux et secouer le modèle bancaire tel qu’on le connaît aujourd’hui. Nous vous invitons à lire notre récent article sur la blockchain si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet.

Prêts et assurances de particulier à particulier 

Tout comme les paiements de particuliers à particuliers, les startups de la FinTech proposent également des solutions de prêts entre particuliers. En effet, après la crise des subprimes de 2008, les banques sont devenues frileuses et obtenir un prêt s’est transformé en véritable chemin de croix.

Aujourd’hui, il suffit de déposer une demande de prêt sur une plateforme en ligne et d’attendre que des particuliers acceptent de la financer. C’est facile et rapide, surtout pour les consommateurs possédant un bon pointage de crédit (qui représentent un risque moindre pour les prêteurs). Exit la banque donc : le retour pour les investisseurs est plus élevé et le taux d’intérêt pour l’emprunteur plus bas. PME et TPE peuvent également avoir recours à ce genre d’emprunts.

Ce système peer-to-peer fonctionne également pour l’assurance : des plateformes en ligne permettent à des particuliers de se regrouper pour s’assurer mutuellement contre un risque spécifique (auto, santé, immobilier). Sans frais de courtage ni démarches administratives sans fin, il est plus rapide et moins cher de s’assurer. Même pour des périodes très courtes.

Ces quelques exemples montrent bien les mutations qui s’opèrent au sein des systèmes bancaire et financier. Dans cette course à l’innovation, l’Asie est en train de s’imposer à la tête du peloton de la FinTech mondiale.

Une ville asiatique avec une population élevée

L’Asie est le continent le plus à la pointe de la FinTech et de l’InsurTech

Asie, la terre promise de la FinTech 

L’Asie est en train de prendre une longueur d’avance dans le secteur de la FinTech par rapport aux autres régions du monde. Cela s’explique notamment par le faible taux de bancarisation du continent, la confiance des consommateurs asiatiques dans les nouvelles entreprises de la tech, le taux de pénétration élevé des smartphones et la flexibilité de la réglementation financière.

  • Un faible taux de bancarisation 

Selon un rapport de la Banque mondiale, il y avait en 2015 environ 2 milliards de personnes non bancarisées dans le monde, dont environ 50% en Asie, particulièrement en Inde. Pour vous donner une idée, le taux de bancarisation en France s’élève à 99 %. Et si, selon un rapport d’Ernst & Young, à Hong Kong et Singapour, ce taux dépasse les 96%, il descend à 78% en Chine (population d’1,4 milliards) et 53,1% en Inde (population d’1,3 milliards).

En Inde donc, 47% de la population n’est pas bancarisée, soit un total de 611 millions d’individus. L’Union Européenne compte 510 millions d’habitants. Il y a donc plus de personnes non bancarisées en Inde que d’habitants dans l’UE. En Chine, ce sont 308 millions de personnes qui n’ont pas encore accès à des services financiers.

Le marché asiatique est donc loin d’être saturé… doux euphémisme face au potentiel immense du continent.

  • Une confiance dans les nouvelles sociétés d’Internet 

L’autre trait qui caractérise les pays asiatiques, c’est la confiance que les consommateurs accordent aux nouvelles entreprises d’Internet. En effet, ces entreprises suppléent souvent des infrastructures financières inexistantes. Elles comblent un vide et permettent aux populations d’avoir accès à des services qui n’existaient pas auparavant.

Or, les pays occidentaux sont déjà dotés d’infrastructures et d’institutions bancaires bien établies. Les nouveaux arrivants sont le plus souvent considérés avec méfiance car ils n’ont pas encore construit leur réputation en matière de sécurité et d’expertise métier.

Pour les startups de la FinTech, il est donc plus simple de fidéliser une clientèle en Asie qu’en Europe.

Un panorama de Shanghai, capitale mondiale de la Fintech

Shanghai, l’une des capitales mondiales de la FinTech

  • Un taux élevé de pénétration du mobile 

Le taux élevé de pénétration du mobile, en particulier du smartphone, est un autre facteur clé de l’émergence de la FinTech en Asie. Forrester prévoit ainsi qu’en Asie Pacifique, le nombre d’utilisateurs uniques de smartphones atteindra les 2 milliards en 2019.

Le manque d’infrastructures financières est donc compensé par des technologies mobiles. Cela permet d’ailleurs d’étendre la couverture aux régions reculées plus rapidement et à moindre coût.

Autre fait intéressant : le gouvernement chinois prévoit d’investir 320 milliards de dollars dans des infrastructures Internet haut débit d’ici 2020. Le smartphone a donc de beaux jours devant lui en Asie.

  • Une réglementation financière flexible

En Asie, et en Chine particulièrement, la réglementation évolue en même temps que la FinTech. Les startups lancent de nouveaux services, le gouvernement légifère ensuite. Ce mode de fonctionnement flexible est plus propice à la création de nouvelles entreprises et technologies.

Dans les pays occidentaux, c’est l’inverse :  les règles existent déjà et il faut composer avec. D’où l’avantage pour les startups asiatiques. En effet, il est plus simple de partir d’une page blanche que d’adapter des codes monétaires et financiers lourds de parfois 2 500 pages, comme en France.

La Chine se trouve ainsi à l’avant-garde des avancées réglementaires du secteur de la FinTech aujourd’hui et pourrait même imposer sa cadence à l’avenir.

Conclusion

La FinTech a émergé car le monde de la tech a pris d’assaut le monde de la finance, et non l’inverse. Cela revêt une importance primordiale pour l’avenir. En effet, pour ne pas se laisser distancer par les startups, les grandes institutions financières devront intégrer l’innovation et la technologie à leur business model. Comme on l’a vu, la concurrence viendra certainement du continent asiatique et de son secteur FinTech florissant.

L’écosystème startup de la FinTech vous intéresse ? Découvrez comment nos Startup Challenges peuvent vous aidez à pousser toujours plus loin votre processus d’innovation !





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