Les tendances de la cleantech : nouvelle révolution industrielle ?

Les tendances de la cleantech : nouvelle révolution industrielle ?

Un plastique qui ne pollue pas ? Des voitures et appareils électriques qui fonctionnent à l’énergie propre ? Vous ne rêvez pas. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle révolution industrielle. Nos habitudes de production et de consommation sont bousculées et bientôt performance rimera avec durabilité. Hydrogène, bioplastique, énergie propre : voici les grandes tendances de la cleantech.

Cleantech : apporter une réponse aux impératifs environnementaux

Le terme cleantech, inventé outre-Atlantique (abréviation de clean technology, technologie propre en français), désigne l’ensemble des nouvelles technologies qui se substituent aux produits et services classiques, remplissant les mêmes fonctions, à un niveau de performance équivalent, l’impact négatif sur l’environnement en moins.

Cette tendance couve depuis quelques années déjà, mais 2016 la verra éclore tout à fait. En effet, la situation est urgente et il est temps de se mettre à produire et consommer de façon plus responsable. Les prévisions alarmistes s’accumulent et font peu à peu réfléchir les plus sceptiques. À l’occasion du forum de Davos 2016 par exemple, les résultats d’une étude menée conjointement par la fondation Ellen MacArthur et le cabinet McKinsey ont été dévoilés : si nous continuons à nous satisfaire du statu quo environnemental actuel, il y aura plus de plastique que de poissons dans l’océan en 2050. En effet, il suffit d’allumer sa télévision pour constater les conséquences du réchauffement des océans : on enregistre de plus en plus de phénomènes naturels violents tels que tornades et ouragans. Sans évoquer les inondations, coulées de boue et feux de forêt dévastateurs. La terre se rebiffe et nous laisse pantois.

Mais rassurez-vous, l’innovation et la technologie pourraient apporter une réponse technique, faute de pouvoir faire changer les mentalités. La préoccupation première des acteurs de la cleantech, c’est évidemment de trouver des alternatives aux énergies fossiles. Le pétrole, qu’il soit utilisé comme carburant ou comme matière première dans la fabrication de l’omniprésent plastique, est ainsi amené à disparaître. On vous explique tout.

L’hydrogène, nouvelle révolution industrielle ?

L’hydrogène est l’un des éléments les plus abondants dans l’univers et l’une des grandes tendances de la cleantech. En effet, dans certains cas, il pourrait servir de substitut au pétrole. On sait en effet s’en servir pour fabriquer de l’électricité et les utilisations sont nombreuses : propulser votre voiture, recharger votre smartphone ou encore chauffer votre maison. Le tout dans le plus strict respect de l’environnement. On pourrait se trouver à l’aube d’une nouvelle ère industrielle.

Un carburant propre et innovant

Commençons par la dernière née de la famille Toyota, la Mirai. Après avoir lancé la Prius en 2000, une voiture hybride électrique, le constructeur japonais est passé à la vitesse supérieure. Cette voiture est équipée d’une pile à combustible qui fonctionne à l’hydrogène. Le véhicule roule donc grâce à l’électricité produite par ce carburant propre. Et elle n’émet donc que de la vapeur d’eau. Mais ne risque-t-on pas de tomber en rade après 10 bornes ? Au risque de décevoir les sceptiques, la réponse est non. En effet, ce bolide du futur bénéficie d’une autonomie de 500 km et d’un temps de ravitaillement équivalent à celui d’un véhicule à essence. Alors que demande le peuple ?

 

La Toyota Mirai, une voiture qui roule à l'hydrogène, une des tendances de la cleantech

 

Plus besoin d’or noir donc pour se rendre au travail. Cette voiture est certes plus coûteuse à l’achat qu’une voiture électrique classique et les pleins ne sont pas donnés. Mais se serrer la ceinture pour l’environnement, le jeu en vaut la chandelle, non ? Et la technologie progressant à un rythme exponentiel, nul doute que d’ici quelques années ces automobiles à vapeur des temps modernes se feront plus abordables.

La Mirai est commercialisée au Japon depuis 2014 mais son lancement sur le marché français n’est pas prévu avant 2017. Nos voisins européens sont plus chanceux, le quatre-roues nippon est d’ores et déjà disponible au Royaume-Uni, en Allemagne, en Belgique et au Danemark. Il faut dire que ces pays bénéficient d’un réseau de distribution d’hydrogène, essentiel pour convertir les automobilistes. Il n’y a plus qu’à espérer que l’arrivée de la Mirai dans l’Hexagone accélérera la mise en place d’infrastructures adéquates.

De l’énergie propre pour alimenter nos appareils électriques

Mais ça n’est pas tout. Votre téléphone portable pourrait également fonctionner à l’hydrogène. En effet, les têtes pensantes d’Intelligent Energy, l’entreprise britannique spécialiste des technologies de production d’énergie propre, ont mis au point une pile à combustible miniature à l’hydrogène. Celle-ci peut alimenter téléphones portables et ordinateurs, mais surtout elle permet une autonomie bien supérieure aux batteries classiques.

Dans une interview, Henri Winand, le PDG d’Intelligent Energy, explique que ses chercheurs ont ainsi développé un prototype d’iPhone 6 fonctionnant à l’hydrogène. Vous pouvez l’utiliser comme un smartphone classique et vous n’aurez à le recharger qu’une fois par semaine. Tentant, n’est-ce pas ?

Dans la même veine, Viessmann et Panasonic ont conçu une chaudière dotée d’une pile à combustion. Déjà expérimentée en Lorraine, elle permet de réduire drastiquement vos factures d’électricité et de chauffage, tout en préservant l’environnement. En effet, les émissions de CO2 sont 30 % moins importantes et cette chaudière permet une plus grande autonomie énergétique.

Mais il n’y a pas que l’hydrogène dans la vie. Et les technologies propres peuvent également se substituer au pétrole que l’on trouve dans le plastique par exemple.

En finir avec le plastique, l’autre grande tendance de la cleantech

Comment faire pousser des courgettes avec un téléviseur

Les déchets plastiques, omniprésents et pas assez souvent recyclés, sont une véritable plaie pour notre planète. C’est pourquoi, les chercheurs de l’Institut Wyss de l’Université de Harvard pour l’ingénierie bio-inspirée ont trouvé une solution pour mettre fin au règne du plastique : le Shrilk. Ce bioplastique est fabriqué à partir de chitosane, matière organique que l’on trouve un peu partout dans la nature et notamment dans les carapaces des crustacés. Ses propriétés sont semblables à celles du plastique : souple, résistant et transparent. Le gros avantage : il se décompose rapidement et naturellement, sans nuire à l’environnement. Il peut même servir d’engrais et nourrir les sols.

 

Des verres en bioplastique, un des tendances de la cleantech

 

Alors concrètement, comment ça marche ? On récupère les cuticules de crevettes déjà consommées (elles ne seraient donc pas pêchées exclusivement pour la fabrication de bioplastique) puis on les mélange à des protéines de soie. L’abondance de la chitosane permettrait une production en masse de cette nouvelle forme de plastique propre.

Finis, donc, les déchets plastiques qui jonchent les rues et s’amoncellent dans les océans jusqu’à former de nouveaux continents. Quand on sait qu’une simple bouteille d’eau peut mettre des centaines d’années à se décomposer et que cela pollue sols et mers, il y a de quoi frémir. D’autant que l’on utilise vingt fois plus de matières plastiques aujourd’hui qu’il y a cinquante ans. Et ce chiffre devrait encore doubler au cours de vingt prochaines années. Outre l’impact environnemental, le coût est astronomique. En effet, entre 80 et 120 milliards de dollars d’emballages plastiques sont perdus chaque année, faute d’un système de recyclage efficace.

Les startups à l’avant-garde de la cleantech

Enfin, on ne peut pas évoquer les grandes tendances de la cleantech sans parler des startups. Les jeunes pousses comptent en effet parmi les acteurs les plus actifs de ce secteur en plein boom. Et les exemples sont légion, rien que dans l’Hexagone.

Glowee, startup française fondée en 2014, a ainsi mis au point une technologie permettant de produire de la lumière sans électricité et de façon renouvelable.

Les co-fondatrices sont parties d’un constat : 90% des espèces marines sont naturellement capables de produire de la lumière. Ce phénomène s’appelle la bioluminescence. Dès lors, elles ont cherché un moyen de reproduire ce phénomène en laboratoire afin de pouvoir s’en servir comme source de lumière propre. La solution : isoler et cultiver les bactéries responsables de cette luminescence chez nos amis les calamars puis les injecter dans des coques adhésives et personnalisables selon les besoins. Transparentes le jour, elles émettent une lumière douce et non polluante la nuit, faisant briller nos centres-villes.

 

L'éclairage urbain de Glowee, startup de la cleantech

Cette solution est particulièrement adaptée à l’éclairage urbain, qui compte parmi les premières dépenses des communes. Mobilier urbain, monuments et vitrines pourraient ainsi être éclairés de façon respectueuse de l’environnement et sans ruiner le contribuable.

Voilà donc quelles seront les grandes tendances de la cleantech pour les prochaine années, ce à quoi devrait ressembler le paysage des technologies propres. Et ce n’est qu’un avant-goût, car les idées innovantes qui permettent de produire et de consommer de façon responsable sont légion. Et c’est bien beau tout ça, mais il en faudra plus pour sauver la planète. En effet, pour vraiment résoudre les problèmes climatiques, il faudrait que gouvernements et acteurs du secteur privé se concertent pour mettre en place une initiative globale. La COP21 semble être un bon début, mais des doutes persistent quant au respect des engagements pris à Paris.

Et une autre question essentielle se pose : comment transformer le processus de fabrication de ces technologies propres afin de le rendre plus respectueux de l’environnement ? La solution serait peut-être de passer d’une économie linéaire à une économie circulaire. Mais cela fera l’objet d’un autre article tant il y a dire sur le sujet.

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