Transhumanisme : de l’homme réparé à l’homme augmenté

Transhumanisme : de l’homme réparé à l’homme augmenté

Le transhumanisme, c’est l’amélioration de l’homme par la technologie : l’homme augmenté. Faire vivre les gens plus longtemps et en bonne santé, améliorer leurs capacités mentales, physiques et émotionnelles, constitue la base des recherches transhumanistes. Tout cela est favorisé par l’avancée des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives).

Depuis ses origines jusqu’aux rêves d’immortalité les plus fous, voici tout ce que vous devez savoir sur le transhumanisme.

Les origines du transhumanisme

Nous avons commencé à parler de transhumanisme avec Raymond Kurzweil, considéré à ce jour comme le “pape” du mouvement. Alors que son père meurt tragiquement d’un infarctus à l’âge de 58 ans, on diagnostique au jeune Ray un diabète de type 2. Peu satisfait des soins conventionnels qui lui sont administrés, il décide alors de mettre au point son propre traitement et réussit ainsi à vaincre la maladie. Sa lubie pour l’immortalité et le transhumanisme était née.

En 2012, il rejoint Google où il prend la direction des projets de développement de machines intelligentes. Selon Bill Gates, c’est l’une des sommités mondiales en matière d’intelligence artificielle.

L’objectif du transhumanisme : repousser puis vaincre la mort

Si ce désir d’immortalité s’empare aujourd’hui de la Sillicon Valley, il ne date pourtant pas d’hier. En effet, dès 1989, le National Research Council lance le projet HUGO (Human Genome Organisation) dont l’objectif est d’établir le séquençage complet de l’ADN du génome humain.

15 ans plus tard, en 2004, cette prouesse est achevée et les scientifiques disposent d’une base de travail pour toutes leurs recherches sur le génome humain. C’est le début du rêve de l’immortalité ! Car à travers ce terme d’immortalité, nous entendons l’éradication de toutes les maladies qui ravagent notre siècle. Y compris le vieillissement.

Une horloge, symbole du transhumanisme et de la lutte contre le vieillissement

1) Transhumanisme : enrayer le vieillissement des cellules

D’un point de vue transhumaniste, le vieillissement des cellules, et donc de notre corps, est considéré comme une maladie. Il devient donc légitime de trouver le remède qui permettra d’enrayer ce processus encore inéluctable aujourd’hui.

De la fiction à la réalité

Cela ne vous rappelle rien ? Pas même le scénario bien ficelé d’une superproduction américaine ? Je pense évidemment au film Renaissances, avec Ryan Reynolds et Ben Kingsley. Ce dernier incarne un riche homme d’affaires atteint d’une maladie incurable. Il se voit proposer les services d’une étrange société qui offre de transférer son esprit dans un corps de substitution, une enveloppe charnelle vide, jeune et athlétique. Difficile de refuser une telle proposition, n’est-ce pas ?

Ainsi, outre le vieillissement du corps, c’est aussi la conservation de la mémoire qui est en jeu avec le transhumanisme.

2) Numérisation de la mémoire

La sauvegarde de notre mémoire sur disque dur est donc l’un des autres enjeux majeurs du transhumanisme. Des scientifiques de haut vol comme Ray Kurzweil travaillent déjà à l’implantation de puces électroniques dans le cerveau humain pour les relier directement à Internet. Le premier pas vers le copier/coller de nos souvenirs.

Encore une fois, la fiction précède de peu la réalité. Comment, en effet, ne pas penser immédiatement à Transcendance. Dans ce film, on retrouve Johnny Depp en scientifique surdoué, à la tête d’un projet de conception d’un super ordinateur doté d’une conscience et capable de réfléchir de manière autonome. À la suite de son assassinat, la femme de Johnny Depp décide de “transcender” son esprit dans la machine, lui permettant ainsi de contrôler tous les réseaux liés à Internet.

 

Infographie sur l'évolution des technologies transhumanistes

 

3) Booster les capacités physiques de l’homme grâce à la technologie

Mais la personne qui pousse le concept d’homme augmenté le plus loin aujourd’hui est sans aucun doute Kevin Warwick, professeur de cybernétique à l’université de Reading. “Je ne veux pas rester un simple humain, je veux pouvoir m’améliorer, devenir un homme augmenté. Un cyborg, oui, c’est ce que j’aimerais être”.

Kevin Warwick est d’ailleurs le premier être humain au monde équipé d’une puce RFID dans le bras. Celle-ci lui sert à contrôler toute la domotique de son laboratoire. Et il ne connaît pas la demi-mesure. Il a ainsi déclaré : “Nous allons finir par avoir deux espèces distinctes : les augmentés et les ordinaires. Et je sais à quel groupe je veux appartenir.”

Mais aujourd’hui, c’est surtout pour soulager physiquement l’homme et l’aider à se remettre d’accidents que ces progrès technologiques sont utilisés.

Exosquelettes et prothèses intelligentes

Ces évolutions technologiques peuvent améliorer la vie quotidienne de l’homme donc. Et notamment ceux qui exercent des métiers pénibles physiquement. Les ouvriers de chaînes de production et ceux du bâtiment par exemple : ils consentent des efforts physiques intenses tout au long de la journée. Les exosquelettes les aideraient à supporter la dureté physique de leur métier.

Les prothèses, quant à elles, deviennent de plus en plus intelligentes et performantes. Elles sont aujourd’hui directement reliées au cerveau et permettent des prouesses à peine croyables. Ainsi, des scientifiques ont mis au point une prothèse de main que le patient greffé peut mouvoir comme un membre normal.

Une prothèse, avenir de l'homme augmenté et du transhumanisme

Le transhumanisme au service de l’armée et de la conquête spaciale

Toutes ces expérimentations sur les capacités physiques de l’homme ont vu le jour grâce à l’armée. En effet, vous pouvez déjà voir les soldats américains arpenter les montagnes afghanes équipés d’un exosquelette. Ce dernier est d’ailleurs surnommé “HULC”, en référence au super-héros vert à la force surhumaine. Il leur permet de transporter jusqu’à 90 kilos de charge sans aucune souffrance physique.

Le milliardaire mégalomane Elon Musk, patron de Tesla, a d’ailleurs imaginé une armure semblable à celle d’Iron Man pour équipper les GI d’Oncle Sam. C’est notamment pour cela qu’il est souvent comparé au personnage de film Tony Stark, l’alter ego d’Iron Man. Il est récemment entré en pourparlers avec Ash Carter, le ministre de la Défense américain, à ce sujet. L’US Army miserait donc sur cette armure volante tout droit sortie de l’imagination de Stan Lee pour asseoir sa puissance ! Projet réel ou simple rumeur, difficile d’en savoir plus pour l’instant.

En attendant, Mr Musk songe même à utiliser ces panoplies high-tech pour envoyer les premiers colons sur la planète rouge. Et surtout faire en sorte qu’ils arrivent en un seul morceau.

Le transhumanisme, rempart face aux dérives de l’intelligence artificielle

Certaines personnes se méfient de l’intelligence artificielle. Elon Musk, le premier d’ailleurs. À tel point qu’il voit dans le transhumanisme un rempart à la suprématie annoncée de la machine. Cette peur lui vient peut-être de I, Robot, le film avec Will Smith dans lequel les robots prennent le pouvoir pour réduire l’Homme à l’état d’esclave. En effet, Elon Musk veut éviter que l’humain ne devienne “l’animal de compagnie” de robots beaucoup plus intelligents que lui.

 

Un robot doté d'intelligence artificielle - transhumanisme

 

C’est dans ce but qu’il a créé OpenAI en 2015 avec Sam Altman (Président du célèbre incubateur de startups Y Combinator). Il s’agit d’un centre de recherche dédié à l’intelligence artificielle, afin que l’humanité en tire pleinement partie au lieu de la subir.

Elon Musk estime en effet qu’il faut démocratiser cette technologie afin qu’elle ne reste pas uniquement entre les mains d’une petite élite dominante. Une initiative qui est la bienvenue quand on sait que l’intelligence artificielle dépasserait celle de l’humain d’ici 2029.

Les dérives du transhumanisme : un pas vers l’eugénisme ?

Cette obsession du corps parfait et du zéro défaut conduit au renouveau des théories eugénistes et de leurs dérives. Des pratiques facilitées par le séquençage de l’ADN humain permettant de sélectionner et d’adapter les propriétés biologiques d’un être humain. Il est alors possible de créer un nouveau né sur-mesure : choix de la couleur des yeux, des cheveux, de la peau ou encore des propriétés physiques. Dans ce cas de figure, l’enfant devient donc un produit parfait, conforme à la volonté des parents.

Nous pouvons donc légitimement nous demander : jusqu’où doit-on aller dans l’avancée des NBIC ? Sommes-nous en train de toucher du doigt le rêve d’immortalité de Ray Kurzweil ? Est-ce une bonne chose ? La fusion entre l’homme et la machine est-elle inévitable ? L’homme bionique représente-t-il la suite logique de l’évolution biologique naturelle de notre espèce ? Comment allons-nous pouvoir rester humain au milieu de toute cette technologie ?

L’homme augmenté va peut-être révolutionner votre secteur ou votre métier. D’où l’importance pour vous de mener une veille active sur les startups qui travaillent actuellement sur ce sujet brûlant ! Venez découvrir comment Agorize vous aide à sourcer les jeunes pousses les plus avancées et les plus pertinentes pour votre organisation.





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